Roman et musée virtuel

Le roman sur le musée virtuel de la résistance, voici ce qu’on y trouve…

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C’est un livre réalisé par les élèves de l’école du village de Saint-Agnan-en-Vercors et leurs enseignants, Yves et Christine Baudrier.
Cet ouvrage de 250 pages a demandé trois années de travail entre 2006 et 2010. C’est une fiction qui se situe dans la commune de Saint-Agnan-en-Vercors, au hameau des Chabottes où existait une école à classe unique. Elle fait intervenir des élèves scolarisés en 1944, notamment Gaston, Jeannette et Jojo, les trois « héros », et leur institutrice, Roselyne. L’histoire s’appuie, la plupart du temps, sur des faits réels qui ont touché directement la commune ou plus largement le massif du Vercors, La Chapelle-en-Vercors, Vassieux-en-Vercors, en particulier. L’imagination des enfants-rédacteurs a fait jouer à leurs homologues de 1944 des rôles de Résistants actifs prenant des risques pour remplir leurs « missions ».

La première de couverture a un rabat portant le nom des élèves qui ont participé à la rédaction : Yann Alles, Rodrigue Armand, Bérénice Breyton, Mallaury Cabaud, Malik Lamberton, Dimitri Moulaire, Éric Ouarry, Timoté Pesenti, Zélie Roche, Jimmy Thorin, Augustin Velut, Samuel Zemmache et Christine et Yves Baudrier, les deux instituteurs.

La quatrième de couverture comporte aussi un rabat où figure une photo des 13 élèves et de leur institutrice (au centre), en 1944 au-dessous de laquelle est indiqué : « À la mémoire de Rose Jarrand (1909-1944), institutrice à l’école des Chabottes (Saint-Agnan-en-Vercors) en 1944 ».

Auteur : Jean Sauvageon

Nous sommes en juillet 1944, l’occupant investit le Vercors pour anéantir la résistance qui devient gênante au moment où les débarquements de Normandie et de Provence posent problème aux Allemands.
Trois écoliers du hameau des Chabottes vont vivre les évènements du plateau à travers l’implication de leur maîtresse d’école dans la résistance…

Les enseignants de l’école Rose-Jarrand, Yves et Christine Baudrier, ont expliqué, dans le chapitre « Genèse d’un roman », la démarche qu’ils ont adoptée pour parvenir à cette publication inédite :

« […] Tout a commencé en 2006 lorsque nous avons demandé à nos élèves d’où venait le nom de notre école, Rose Jarrand […]. Certains savaient que Rose Jarrand avait été une institutrice aux Chabottes […] et qu’elle avait été exécutée par les Allemands, le 25 juillet 1944 […]. Mais qui était-elle ? […] que lui était-il arrivé ce fameux 25 juillet 1944 pour disparaître ainsi, si jeune ?

 

Un premier défi est donc lancé aux élèves de cycle 3 (CE2-CM1-CM2) : réaliser une enquête et sortir un numéro spécial du journal de l’école, Le Petit Bissotin, sur Rose Jarrand. […]

Cette enquête a duré presque une année, mais nous n’avons pas souvenir d’une lassitude. Il a fallu d’abord étudier les évènements du Vercors, puis les évènements de France, puis les conflits internationaux pour comprendre tous les enjeux locaux. Nous avons été étonnés par la patience, la concentration, la motivation du travail de recherche, d’écoute et d’écrit des élèves. Certains connaissaient vaguement quelques évènements […] du Vercors, d’autres avaient visité le musée de Vassieux et le Mémorial de la Résistance, mais tous étaient loin d’en saisir la proximité, de lieu et de temps. En effet, dans le Vercors, la transmission des anciens aux jeunes générations ne s’est pas forcément faite au sein des familles […].

On nous avait dit : vous verrez, les gens du Vercors n’aiment pas raconter cette période si douloureuse, vous aurez du mal à en savoir plus !

C’est pourtant grâce aux témoins rencontrés (certains se sont même déplacés à l’école), grâce à leur gentillesse, leur envie de rassembler leurs souvenirs avec le plus de rigueur et de précision possibles, que nous avons pu reconstituer la dernière journée de cette institutrice. L’accueil a été partout très chaleureux comme si la personnalité de Rose Jarrand méritait que l’on remue ce cauchemar, que l’on fouille les souvenirs pour lui rendre hommage […]. On apprendra qu’elle était exigeante, très dévouée, avec un engagement anti-Pétain à peine caché.

L’histoire aurait pu en rester là si la maîtresse n’avait pas lancé l’idée d’écrire une petite fiction sur cette période. Cela n’a pas traîné, l’idée s’est vite transformée en désir d’écrire un roman, avec trois personnages qui auraient l’âge des élèves de cycle 3. Un nouveau défi est donc lancé. […] Il aura fallu trois ans pour réaliser ce travail de titan en essayant de concilier le programme scolaire avec les envies et les idées des enfants […] Le livre, entièrement écrit à l’école, a été terminé le 30 juin 2010 […].

Enfin publier un roman est encore une aventure, avec la rencontre de Daniel Pennac*, des éditeurs, d’un imprimeur. […] Maintenant, nous savons que les rêves peuvent devenir réalité… même à l’école. »

Les épisodes principaux de ce roman se situent dans la période la plus sombre de l’histoire de la Résistance dans le massif du Vercors : le bombardement de La Chapelle-en-Vercors du 12 juillet 1944, le parachutage allié du 14 juillet sur Vassieux, l’attaque de Vassieux du 21 juillet, le massacre des populations à proximité de Saint-Agnan, notamment. Il est évident que les populations du Vercors ont vécu des heures extrêmement éprouvantes dans ces derniers jours de juillet 1944. Les enfants les ont traversées aussi et en ont été traumatisés.

Mais le roman nous fait aussi appréhender les façons de vivre de l’époque. On perçoit les méthodes de travail d’une classe unique. Les difficultés de ravitaillement des habitants et des maquisards sont bien évoquées. Les enfants ont bien exprimé les conditions de la lutte contre un ennemi bien armé et bien entraîné, les difficultés de cacher efficacement les armes, l’implication de la population civile dans le soutien aux Résistants.

C’est effectivement un vrai défi d’avoir soutenu l’intérêt des jeunes élèves pendant trois années, avec l’aide efficace de leurs deux enseignants. Même si le nombre de classes travaillant sur la période de la Résistance est très grand, l’expérience de l’école de Saint-Agnan est originale, peut-être inédite. Elle a pu aussi, dans la commune, réveiller le souvenir de Rose Jarrand, l’institutrice de 1944 dont l’école porte le nom, rappelé par « deux plaques commémoratives installées à l’extérieur et à l’intérieur de [l’] école avec deux dates (1909-1944) ». Grâce à cet ouvrage, les habitants de la commune sauront qui était Rose Jarrand et le rôle qu’elle a joué dans la Résistance.

C’est sur le territoire de la commune de Saint-Agnan que se situe la Grotte de la Luire dont les exécutions, le 27 juillet 1944, sont devenues le symbole de l’atrocité de la répression allemande.

Les Éditions de l’École Moderne (Freinet) avaient édité en mai 1947, donc peu de temps après le guerre, leur numéro 123 consacré au Vercors et rédigé par les élèves de Saint-Martin-en-Vercors, Saint-Julien-en-Quint et Lozeron. C’était vraisemblablement une évocation des évènements qui se sont déroulés dans le massif plutôt qu’un roman imaginé par les élèves comme à Saint-Agnan.

Suite à une demande importante des enseignants ayant acheté le livre, Yves et Christine Baudrier envisagent de créer un support pédagogique en collaboration avec le musée de la résistance pour que ce livre soit étudié dans les classes.

(*) Daniel Pennac a une résidence dans le Vercors.

Extrait du site : http://ecolesaintagnan.scolasite.net
Auteurs : Yves et Christine Baudrier. Jean Sauvageon
Sources : Résistants à 10 ans, collection Patrimoine et fiction, 2010.

  • Roman et musée virtuel

  • Publié le: 11-02-2014

  • Auteur: Administrateur

  • Rubrique: Roman et musée virtuel